Réforme de l’AEFE : conséquences au LFIVH
( English version below)
Quel est le contexte actuel?
Le Lycée français international Victor Hugo est un établissement en gestion directe (EGD) placé sous l’autorité de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Cette agence publique, rattachée au ministère des Affaires étrangères, est chargée d’animer le réseau mondial de l’enseignement français à l’étranger.
Depuis plusieurs années l’AEFE a subi un désengagement financier de l’État préoccupant: En trois ans, ce sont près de 78 millions d’euros de réductions budgétaires qui ont été imposées, fragilisant durablement le fonctionnement et l’avenir des établissements du réseau.
Suite au conseil d’administration de l’AEFE tenu le 18 décembre 2025, plusieurs mesures budgétaires, ayant pour but un redressement budgétaire de l’agence, ont été adoptées et rendues publiques:
- Le budget de l’AEFE pour l’année 2026 a été formellement adopté, avec les orientations financières qui visent à réduire le déficit global de l’agence tout en ajustant les recettes et les dépenses.
- le transfert vers les lycées français de l’étranger d’une partie du coût des pensions civiles des personnels détachés* dès 2026 que l’AEFE n’est plus en mesure de payer seule.
Quel est l´impact ?
À compter de 2026, les établissements français à l’étranger devront assumer une part croissante des cotisations des personnels détachés de l’Éducation nationale employés par l’AEFE : 35 % des pensions civiles en 2026, puis 50 % à partir de 2027. Cette évolution représente une charge financière significative pour notre établissement, avec un surcoût estimé à environ 400 k€ en 2026 et 560 k€ à partir de 2027.
La position de l´UPEA
L’UPEA fait part de son profond désaccord avec les orientations prises au niveau de l’AEFE. Sa principale inquiétude porte sur la charge financière supplémentaire qui sera inévitablement répercutée sur les familles, avec des conséquences directes pour notre établissement.
Le mardi 29 janvier 2026, les représentants des parents d’élèves étaient convoqués, aux côtés de la direction du lycée Victor Hugo, des représentants des élèves et de ceux des enseignants, au Conseil d’établissement (CET), organe décisionnel de notre établissement.
À l’issue d’une consultation du conseil d’administration de l’UPEA, vos représentants au Conseil d’établissement ont décidé de boycotter la séance du 29 janvier 2026. Les représentants des enseignants du LFIVH ont engagé une action similaire, entraînant l’impossibilité de tenir le CET faute de quorum**. Ce boycott constituait le seul moyen d’exprimer à la fois notre profonde inquiétude quant à l’avenir du lycée et notre vive opposition à des décisions perçues comme un désengagement progressif de l’État.
Le 4 février 2026, lors du CET reporté, les représentants des parents d’élèves siégeant au Conseil d’établissement ont voté contre le budget 2026 proposé par la direction de l’école.
Comme ce vote est consultatif, le budget finalement adopté prévoit une hausse moyenne des frais de scolarité de 4,25 % pour l’année scolaire 2026-2027, tous niveaux confondus, soit une estimation entre 140 € et 340 € par enfant selon le niveau scolaire. Cette augmentation reste particulièrement préoccupante pour les familles les plus fragiles financièrement.
Cette augmentation demeure toutefois contenue au regard de celles observées dans de nombreux autres établissements du réseau (notamment en Italie, en Espagne et au Maroc) , qui se trouvent dans des situations financières différentes. Notre établissement bénéficie en effet de réserves financières et de subventions locales liées à son statut d’Ersatzschule, ce qui permet d’en atténuer l’impact à court terme.
Qui agit aujourd’hui sur ce dossier?
À la suite de nombreux mouvements de protestation — dix lycées français à l’étranger ayant boycotté leur réunion budgétaire 2026 — plusieurs actions sont actuellement en cours:
- Samantha Cazebonne, sénatrice représentant les Français établis hors de France a été mandatée début 2026 par le gouvernement d’une mission temporaire pour accompagner la réforme de l´AEFE.
- Le Sénat a lancé une mission d’information afin d’évaluer les réalités vécues par les familles, les élèves et le personnel à l’échelle mondiale.
- La FAPEE (Fédération des Associations de Parents d’Élèves des établissements d’enseignement français à l’étranger) se mobilise pour défendre les intérêts des familles. https://fapee.org/sauvons-les-etablissements-en-gestion-directe-egd/
- Le 26 janvier 2026, Frédéric Petit, député de notre circonscription, a rencontré au LFIVH les représentants des parents d’élèves qui lui ont partagé les défis actuels liés aux décisions budgétaires de l’AEFE.
Dans un contexte marqué par un manque de visibilité sur les évolutions à venir, les représentants des parents de l’UPEA s’engagent à suivre ce dossier avec la plus grande attention, notamment en lien avec la FAPEE, Ils restent vigilants et rappellent régulièrement à la direction, ainsi qu’aux représentants de l’État et aux élus, l’importance de l’impact financier pour les familles.
(*) le personnel détachés à l´AEFE désigne le personnel de direction du lycée; les enseignants formateurs ainsi que les personnels recrutés sur des missions d’enseignement
(**) Le quorum est le nombre minimal de membres qui doivent être présents lors d’une réunion d’un organe délibérant (conseil, assemblée, comité) pour que celle-ci ait lieu.
Reform of the AEFE: consequences for the LFIVH
What is the current context?
Lycée Français International Victor Hugo is a directly managed school (EGD) under the authority of the AEFE (Agency for French Education Abroad). This public agency, attached to the French Ministry for Europe and Foreign Affairs, oversees and coordinates the global network of French schools abroad.
For several years, the AEFE has faced a concerning reduction in state funding. Over the past three years, nearly €78 million in budget cuts have been imposed, significantly weakening the operations and long-term stability of schools within the network.
Following the AEFE Board of Directors meeting held on December 18, 2025, several budgetary measures aimed at restoring the agency’s financial balance were adopted and made public:
- The AEFE’s 2026 budget was formally approved, with financial guidelines designed to reduce the agency’s overall deficit by adjusting revenues and expenditures.
- The transfer to French schools abroad, starting in 2026, of part of the cost of civil service pensions for seconded staff, which the AEFE is no longer able to cover on its own.
What is the impact?
Starting in 2026, French schools abroad will have to assume an increasing share of the pension contributions for Ministry of Education staff seconded to the AEFE: 35% of civil service pensions in 2026, rising to 50% from 2027 onwards. This development represents a significant financial burden for our school, with additional costs estimated at approximately €400,000 in 2026 and €560,000 in 2027.
The UPEA’s position:
The UPEA expresses its strong disagreement with the policy directions adopted at the AEFE level. Its main concern is the additional financial burden that will inevitably be passed on to families, with direct consequences for our school.
On Tuesday, January 29, 2026, parent representatives were convened, alongside the management of Lycée Victor Hugo, student representatives, and teacher representatives, to attend the School Council (CET), the decision-making body of our school. Following consultation with the UPEA Board of Directors, your representatives on the School Council decided to boycott the January 29, 2026 meeting. Teacher representatives at LFIVH took similar action, making it impossible to hold the CET due to a lack of quorum. This boycott was the only way to express both our deep concern about the future of the school and our strong opposition to decisions perceived as a gradual withdrawal of state support.
On February 4, 2026, at the rescheduled CET meeting, the parent representatives serving on the School Council voted against the proposed 2026 budget presented by the school’s management.
As this vote was advisory, the budget ultimately adopted provides for an average increase in tuition fees of 4.25% for the 2026-2027 school year, across all grade levels, representing an estimated increase of between €140 and €340 per child depending on the level. This increase remains particularly concerning for the most financially vulnerable families.
However, this increase remains moderate compared to those observed in many other schools within the network (notably in Italy, Spain, and Morocco), which are facing different financial situations. Our school benefits from financial reserves and local subsidies linked to its Ersatzschule status, which helps mitigate the short-term impact.
Who is currently taking action on this issue?
Following numerous protest movements — with ten French schools abroad boycotting their 2026 budget meetings — several initiatives are currently underway:
- Samantha Cazebonne, Senator representing French citizens living abroad, was entrusted by the government in early 2026 with a temporary mission to support the reform of the AEFE.
- The French Senate has launched an information mission to assess the realities experienced by families, students, and staff worldwide.
- The FAPEE (Federation of Parents’ Associations of French Schools Abroad) is mobilizing to defend the interests of families:
https://fapee.org/sauvons-les-etablissements-en-gestion-directe-egd/
In a context marked by limited visibility regarding future developments, UPEA parent representatives are committed to closely monitoring this issue, particularly in coordination with the FAPEE. They remain vigilant and regularly remind the school leadership, state representatives, and elected officials of the financial impact on families.
(*) Seconded staff at the AEFE refers to school leadership, teacher trainers, and staff recruited for teaching assignments.
(**) A quorum is the minimum number of members who must be present at a meeting of a deliberative body (council, assembly, committee) for it to be valid.


